La Petite Californie : la marque locale qui travaille comme elle surfe, aux Sables-d'Olonne
David et Mika racontent La Petite Californie : un nom né sur la côte vendéenne, quatre boutiques, des collections commandées à la pièce sans stock, et l'envie de porter l'Ouest plus loin.
Après Norwät à La Tranche-sur-Mer, on est restés sur la côte vendéenne pour filmer une autre marque locale qu'on accompagne : La Petite Californie. Une boutique principale sur le Remblai des Sables-d'Olonne, trois autres points de vente, une collection pour toute la famille… et une façon de travailler qui colle à un mode de vie. David, le fondateur, et Mika, qui tient la boutique du Remblai, nous ont tout raconté.
Un nom qui existait déjà, un logo qui dessine la côte
Un surnom de coin de côte devenu une marque
« La Petite Californie », c'est d'abord un surnom : celui qu'on donne depuis des années à un coin de la côte vendéenne, à La Tranche-sur-Mer à l'origine. David, installé en Vendée depuis vingt ans après une carrière de directeur artistique à Paris, en a fait une marque il y a une douzaine d'années, en commençant par dessiner un logo et quelques pro models entre potes.
Pendant longtemps, la marque se résume à ces quelques pièces qu'il porte au quotidien. Et partout, la même réaction : amis parisiens, surfeurs du coin ou rencontres en voyage, tout le monde accroche.
Tout le monde aimait ce petit logo simple, sobre. Et puis le nom, évidemment, qui marche bien.
Le projet devient vraiment commercial en 2020, avec l'ouverture d'une première boutique. David porte aujourd'hui la marque avec Max, son cofondateur, absent du tournage.
Un logo qui reprend le trait de côte et la houle
Le logo n'a rien d'un simple motif décoratif. Il reprend l'orientation de la côte vendéenne, nord-ouest / sud-est, arrondie : le même trait de côte que la Californie, explique David. Les lignes horizontales, elles, représentent les trains de houle qui arrivent du nord l'hiver et dessinent de longues droites… quand il y a des vagues.
C'est un peu l'anatomie géographique de la Vendée, avec le surf dedans.

Une marque pour toute la famille
Mika, Vendéen, a fait toute sa carrière dans le skate, le surf et le vêtement avant de rejoindre l'aventure. Il tient aujourd'hui la boutique du Remblai. Pour lui, le positionnement tient en quelques mots : une marque fun, colorée, écoresponsable, et pensée pour toute la famille, du bébé à l'adulte, homme, femme et enfant.
Des boutiques face à la mer : « on travaille comme on vit »
La boutique historique, ouverte en 2020, est sur le Remblai des Sables-d'Olonne, face à la mer, sur un passage obligé pour les touristes. Le décor est volontairement sobre : une seule matière, du contreplaqué, pour laisser vivre les couleurs des vêtements. Faute de grandes surfaces disponibles sur cette zone, la marque a ouvert une deuxième boutique juste à côté pour élargir son offre. Elle compte aujourd'hui quatre points de vente.
Ce choix d'emplacement est aussi un choix de vie. Six mois de l'année, l'équipe travaille face à l'océan, les longboards à portée de main, avec une session possible le matin avant le boulot ou entre midi et deux.

On travaille comme on vit, on vit comme on travaille.
Mika le dit simplement : on travaille beaucoup, mais ce système de boutiques permet de garder le lien avec le surf, la glisse et le loisir, et de profiter de la vie tout en travaillant.
Construire une collection à partir de l'offre Playart
Chez La Petite Californie, la collection ne part pas d'une page blanche. Elle part de l'offre textile : David met à plat toutes les couleurs et tous les modèles disponibles via Playart, teste les nouveautés, puis assemble ses pièces avec des velours, des petits pictos ou des patchs, en cherchant des camaïeux. « C'est pas toujours évident, mais on essaye », reconnaît-il. Côté marquage, chaque technique a ses délais et ses usages : on les a détaillées dans notre guide des techniques de marquage.
Zéro stock : commander à la pièce, chaque semaine
C'est, selon David, le gros avantage de travailler avec Playart : pouvoir commander à l'unité, à la taille et à la couleur. La marque n'a donc pas à stocker. L'été, chaque boutique passe sa commande chaque semaine, soit quatre commandes hebdomadaires. Et surtout, aucune obligation de volume.
Si j'ai une couleur qui ne marche pas, je l'arrête. Merci, au revoir. Alors que si j'ai trois cents sweats avec une couleur qui n'a pas fonctionné, je vais être en galère.
Mika résume la logique d'une phrase :
C'est tout l'inverse de la fast fashion : on commande que ce dont on a besoin, et on peut se réajuster hyper vite sans avoir à faire des gros volumes.
Des délais qui dépendent de la technique de marquage
Le rythme varie selon le marquage choisi. Pour le flocage et les écussons brodés cousus, David décrit un circuit très court : une commande passée la veille peut être en boutique le vendredi. La sérigraphie, réalisée à l'atelier Chromatic de Cholet, demande plus de temps, environ trois semaines dans son expérience. Sur ces pièces-là, la marque garde donc un peu de stock.
C'est pas ce qu'on préfère. On le fait, mais c'est pas ce qu'on préfère.
Ces délais correspondent à ce qu'on constate la plupart du temps et restent dans la moyenne du marché. On travaille à les raccourcir.
Coton bio et Fair Wear : les choix de filière
Côté matière, la position de David est nette : la marque ne travaille qu'en filière organique. D'abord pour la qualité, avec un coton qu'il juge meilleur et plus résistant. Ensuite pour la planète.
On peut essayer de faire des efforts partout où on peut le faire, il faut le faire.
Les textiles qu'il commande via Playart sont fabriqués, comme il le rappelle, au Portugal ou au Bangladesh, et dans ce second cas avec des fournisseurs membres de la Fair Wear Foundation. Pour lui, c'est un critère central :
Fair Wear, c'est comme Max Havelaar, c'est vraiment du commerce équitable. C'est plus que le droit du travail respecté.
Pour découvrir le fonctionnement de l'organisation en détail, le plus simple est de consulter directement le site de la Fair Wear Foundation.
Une relation de travail en direct
Quand il a fallu faire des tests pour La Petite Californie, David a appelé Hoel « naturellement ». Les essais se sont faits sur place, à l'atelier, où il pouvait voir ce qui se fabriquait.
Il y a un accès humain facile et rapide. T'es pas sur une centrale téléphonique.
Mika complète : « professionnellement, c'est carré, on sait ce qu'on veut, on a ce qu'on veut ». Chacun connaît son métier, chacun a ses attentes, et la collaboration se fait, comme dit David, « en bonne intelligence ».
Et après : rester locale ou porter l'Ouest ailleurs ?
Avec quatre boutiques, la marque a bien maillé son territoire : David la voit aujourd'hui comme la marque locale des Sables-d'Olonne, au moins. La suite est une vraie question pour lui : rester une marque locale, ou raconter l'Ouest ailleurs.
Son constat : cette partie de la France n'a pas une identité territoriale aussi affirmée que la Bretagne ou le Sud-Ouest, alors qu'il y a beaucoup à en dire. D'où l'idée, encore au stade de la réflexion, d'une boutique à Paris près de la gare Montparnasse, ou d'une ouverture à La Rochelle, sans jamais quitter l'ADN de la marque.
Nous, on est vraiment entre le surf du Sud-Ouest et la voile de la Bretagne.
Et pour le ton, la formule est déjà trouvée : « les embruns dans ta gueule, l'Ouest pleine face ».
Ce qu'on retient de ce modèle
Pour Mika, lancer une marque locale aujourd'hui, « tout est faisable, tout est possible, notamment avec Playart ». À condition d'accepter la part de travail que demande n'importe quelle entreprise qui démarre. Le textile a la réputation d'être compliqué ; une marque locale qui maîtrise ses flux et ses achats peut pourtant tenir son rythme.
La Petite Californie montre qu'une marque locale solide repose sur trois choses : une identité qui vient vraiment du lieu, des boutiques là où vivent ses clients (et ses fondateurs), et une production qui suit les ventes plutôt que l'inverse. Commander peu, souvent, et arrêter ce qui ne marche pas : c'est ce qui rend le modèle viable.
Vous avez un projet de marque locale, ou vous vous demandez si votre ville a la place pour ce type de concept ? Parlez-nous-en. Pour aller plus loin, découvrez l'histoire de Norwät à La Tranche-sur-Mer, ou reprenez tout depuis le début avec notre article « C'est quoi la marque locale ? ».
